30 jours chez RaulChroniques et Panoramiques d'une autre Havane... |
Lundi 11 février à Bauta : A Bauta, Caimito et Guanajay
J'ai déserté la "ciudad maxima" et me me suis enfui à la campagne. Le temps havanais continuait d'être menaçant : je savais bien que 28° débuts février c'était tout à fait inhabituel. Back to la realidad. Le transport, c'est la plaie de Cuba. Tout déplacement pose problème si vous n'avez pas votre propre véhicule, traduisez ; si vous avez refusé le racket des prix de location de voiture délirants en cours à Cuba (pas de véhicule à moins de 55 US $ par jour, tout compris). Aux quatre coins cardinaux de la ville, il y a des points de départ de taxis collectifs pour la très grande banlieue et la province proche. Pour la région de Mariel, les grosses bagnoles américaines délabrées partent de "El Lido" derrière le Tropicana, à l'entrée du quartier de Marianao. Il y a bien sûr la cola - la queue, la file d'attente - et un "ultimo por favor ?" est bien sûr de rigueur... ou alors il n'y en a pas et là c'est très mauvais signe ; Cela signifie pas de voitures et donc le début d'une attente à la Beckett, en attendant Godot... vous connaissez ?
Le touriste de base visitera la Havane en un ou deux jours. Le touriste un peu curieux ira rôder dans Centro Habana, le Vedado et Miramar. Le type un peu plus aventureux, lui, se perdra quelques heures dans Santo Suarez, Guanabacoa et Marianao. Mais il y a de telles banlieues à La Havane, loin de tout ... vers l'aéroport ... sur la route de Pinar del Rio ... après le tunnel du port et avant le grand stade des Jeux Panaméricains ... sans parler d'Alamar, le La Courneuve cubaine ! Le Nuevo Vedado, derrière le jardin zoologique, si proche, est par exemple une jungle d'immeubles, de barres administratives et de tours. Alors imaginez un peu tous ces bleds de banlieue, paumés et excentrés, ni trains ni bus, juste des guaguas, des camelos et des camions qui puent que l'on attrape à l'entrée de l'autoroute, de la Central ou de la Via Blanca. C'est pas compliqué, une fois arrivé là-bas vous n'avez strictement aucune idée de comment vous pourrez bien faire pour en revenir un jour !
Il faut bien tuer le temps comme on peut.
Tout le monde se connaît, se salue, s'apostrophe, se dit un mot gentil ou se balance une plaisanterie un peu grasse. Bizarrement, Le niveau de bruit est complètement dingue. Il ne défile que du matériel soviétique brinquebalant... mais encore debout ; tracteurs qui pétaradent, motos à deux pots plus side-car, Ladas rafistolés, et puis pleins d'engins bizarres assemblages de pièces récupérées de-ci de- là. Rajoutez là-dessus les grosses américaines avec 1800000 km au compteur et plus une pièce d'origine, des autobus sans portes ni carreaux, des camions à bétail et des camions à passagers - souvent les mêmes - et là vous êtes au bord de péter un plomb. C'est trop.
Alors que faire ? zapper quelques rues plus loin vers les zones pavillonnaires, des cubes de béton, tous les mêmes avec portes et fenêtres en métal, photos de tigres et de fleurs artificielles sur les murs du salon souvent sans mobilier mais toujours avec une télé qui gueule soit le noticiero - les infos -, soit la telenovela - le feuilleton - de l'année, la plupart du temps mexicaine, colombienne ou brésilienne.
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