30 jours chez RaulChroniques et Panoramiques d'une autre Havane... |
Dimanche 10 février : Frente frio et spleen havanais
On pense alors à la « souffrance » de ces milliers d'étudiants cubains envoyés faire leurs études dans les pays de l'Est du temps du "bloc communiste", avec le manque de moyens, le racisme généralisé et par là-dessus l'impitoyable hiver. Heureusement il y avait la vodka et les filles de l'Est, racontent la plupart. Il faut connaître la véritable hantise du froid des Cubaines et Cubains : début janvier il y a eu deux jours d'un froid inhabituel pour l'île, des températures de 8 degrés en provenance du Midwest étasunien ; les gens ont tout simplement arrêté d'aller au travail !
Bref la température a chuté de 12 degrés depuis hier ! Comme d'habitude, la désorganisation se met en marche. Arrivée de l'apagón - la coupure de courant - vers huit heures. Plus d'électricité signifie aussi plus d'eau puisque c'est un moteur qui tire l'eau de la rue, disponible jusqu'à seulement midi, vers les réservoirs ou vers les étages. Donc pas de douche. Donc la nourriture qui commence à décongeler. Donc l'obscurité dans les maisons. Les gens sortent progressivement sur les patios et terrasses. Début de blablatages en tous genres, d'un balcon à l'autre. Tout ça peut durer ½ heure ou trois heures, à voir. Il y a moins un aspect positif à tout ça ; l'arrêt temporaire de la chaîne stéréo des enfants du voisin qui vous casse les oreilles avec au pire les derniers reggaetons à la mode et au mieux une dégoulinade de ballades romantico-sirupeuses, pas toujours cubaines d'ailleurs, genre dans lequel le reste de l'Amérique latine excelle. ![]()
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