30 jours chez RaulChroniques et Panoramiques d'une autre Havane... |
Mercredi 6 février : Une peña avec le Septeto Habanero
Dans la vieille Havane les gens et les choses suivent leur cours... immuable. Tout bouge lentement, très lentement, trop lentement et je me surprends moi-même à traîner la savate au diapason du rythme local. Il fait un temps exceptionnel pour un début février et tout le monde marmonne « y dondesta el frente frio ? » - et où est-elle cette dépression ? - que la télévision avait pourtant annoncée ? En un an la rue San Rafael s'est transformée en une immense sandwicherie à ciel ouvert. C'est le même phénomène qu'au marché aux fruits et légumes ; donnez aux gens la possibilité d'une patente de travailleur à son propre compte... et c'est la ruée ! ![]() Vers 17 heures je me retrouve de nouveau à l'Uneac - c'est sur mon itinéraire habituel de retour chez moi - pour faire mentir ma page d'hier ! Il y a en effet beaucoup de monde dans le sublime jardin car c'est aujourd'hui la peña de la rumba y de la trova. Le groupe invité ce jour est le fameux Septeto Habanero. Ce n'est pas rien le Septeto Habanero. Avec le Septeto Nacional d'Ignacio Pineiro, c'est le groupe fondateur du son et donc de presque toute la musique cubaine. C‘est un groupe qui a vu le jour en, 1926 et qui a compté dans ses rangs parmi les plus grands soneros cubains; Carlos Godinez, Abelardo Barroso, Félix Chappotin. Naturellement il n'y a plus aucun membre fondateur survivant dans le groupe actuel. C'est comme pour le dernier poilu. Mais l'équipe actuelle assure bien. L'esprit est là. Très bon niveau. Très nerveux, tout en ayant su conserver l'habituel coté laid-back de cette musique folklorique et traditionnelle. D'ailleurs le public ne s'y trompe pas. Ca danse sec, et pas seulement les gigolpinces à la recherche d'un contrat de mariage pour rejoindre l'Europe. L'assistance est restée stable, un peu plus âgée qu'il y a quelques années, me semble-t-il, quand l'endroit s'était lentement transformé en un repaire de jineteros, de gigolos et de groupies. C'est toujours le même mélange de vieux alcoolos qui n'ont d'artiste que la carte de l'association, de touristes Télérama et de quadragénaires madrilènes goulues de blacks, un peu vulgaires avec tatouages, piercings voyants et pseudo fripes soit criardes soit commerce équitable Made in Zara, c'est selon... mais pour moi c'est kif-kif !
Donc bonne nouvelle, les peñas existent toujours mais c'est leur programmation qui a changé : le mercredi tous les 15 jours, c'est la peña de la rumba y de la trova. En alternance, la peña del son. Le jeudi, tous les 15 jours, peña del jazz. Le samedi soir, tous les 15 jours, peña del bolero, sympa mais un peu troisième âge quand même... quoique très kitsch ! On me dit que les groupes ne sont pas payés et doivent jouer gratuitement dans le cadre de la promotion des pénates. Quel sacerdoce la musique cubaine tout de même ! commentaires {0} - Ajouter un commentaire
|
| Page précédente | Page suivante |